La population comptait 12,45 millions d’habitants en 2021 avec un indice de fécondité de 5,7 enfants par femme et une espérance de vie de 61,2 ans.
Le taux de pauvreté nationale était à 38,5 % avec un taux de chômage de 2,4 % mais un niveau de sous-emploi à 72 % et 90,1 % d’actifs dans l’économie informelle.
Le taux de pauvreté international, soit un revenu inférieur à 1,90 dollars par jour, concerne 19,2 % de la population selon une estimation réalisée en 2019.
Une enquête menée sur 1 500 ménages en mai 2021 a montré que 58 % des individus ont connu une baisse de revenus du travail tandis que 5 % n’en ont reçu aucun. Malgré une atténuation des impacts, l’enquête a aussi confirmé que l’accès aux produits alimentaires reste préoccupant du fait de l’augmentation des prix.
Concernant l’éducation, en 2018-2019, seuls 54,8 % des élèves avaient pu achever le cycle de l’enseignement primaire.
Sur le plan de la santé, 32,2 % des enfants souffraient de malnutrition chronique et 11% sous sa forme sévère. (Source : La banque mondiale)
Situé dans le département d’Atlantique, Djigbé-Agué est un village qui compte 6000 habitants. Il est situé précisément dans la commune de Zè.
La population de Djigbé-Agué vit notamment de l’agriculture, la principale activité et de la chasse. C’est l’un des villages de la commune qui contribue à l’économie à l’échelle nationale.
Au village, le salaire moyen d’un habitant est de 1 euro par jour. Même si la structure familiale permet à une famille de cumuler les revenus des parents et des frères et sœurs les plus âgés, les capacités financères restent très limitées pour des familles de 5 à 7 membres, sans compter les grands-parents
Le village de Djigbé-Agué possède une seule école primaire, elle a été créée dans les années 90 afin que les enfants puissent recevoir une éducation dès leur plus jeune âge. Les écoliers viennent de tous les coins du village.
Certains élèves parcourent plus de 6km par jour à pied pour se rendre à l’école primaire.
L’école est constituée de 12 enseignants et d’un directeur.
Les classes vont du cours initial (CI) au cours moyen deux (CM2), soit de la maternelle au cours moyen.
L’école ne possède pas d’eau ni d’électricité.
Elle accueille donc les élèves de 8h à 17h afin de leur permettre de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit vers 18h30 compte tenu des distances que certains écoliers doivent parcourir au retour.
Pour boire, le puits réalisé dans la cour de l’école n’est pas opérationnel en permanence, les enfants sont obligés d’aller chercher l’eau au puit sur le terrain de l’Église catholique à côté. Cette eau est très importante pour l’école car elle permet aussi aux cuisinières de préparer les repas pour les écoliers.
La préparation des repas est la plus grande problématique de l’école car elle représente une charge importante. Au Bénin, le coût de la cantine est réparti ainsi:
Ce reste à charge constitue un véritable casse-tête pour les parents d’élèves aux revenus faibles par une situation économique critique. Nombreux sont les parents d’élèves qui éprouvent beaucoup de difficultés à payer cette somme pour un enfant. Les familles du village ont généralement 4 à 5 enfants à nourrir et lorsqu’ils ne peuvent pas payer la cantine de leurs enfants, elles décident de ne plus les envoyer à l’école.
L’école primaire compte 390 élèves dont 210 filles et 180 garçons.
Le montant demandé aux familles pour l’accès à la cantine des écoliers s’élève à 25 Francs CFA par enfant par jour, soit moins de 4 centimes par jour.
On peut considérer qu’en 2025, environ 40 enfants du village restent déscolarisés par manque de moyens avec pour conséquence de :
Avec 1,6 €/Jour, tous les enfants peuvent avoir accès à la scolarité quels que soient les moyens de la famille.
L’école permet à ces enfants d’accéder à l’espoir d’une vie différente de celle de leurs parents.
La scolarisation est le moyen d’apprentissage du français qui est pourtant la langue officielle du pays.
Avec les déplacements de population, ce nombre de familles et d’enfants en grande précarité risque d’augmenter dans mes prochaines années.
C’est la possibilité de pouvoir se former à d’autres techniques de production et de culture dans cette région rurale à 15 kilomètres des principales voies de circulation, mais dans une région où l’eau reste heureusement fortement présente et permet des cultures vivrières et l’élevage.
Se former, c’est :
C’est cette opportunité qu’ont saisi des jeunes de la commune. Ils sont allés se former, à leurs frais, à la fin de leur scolarité en agriculture et élevage au sein de la fondation SONGHAÏ qui déploie, depuis 40 ans, une approche responsable et viable de l’agriculture africaine sans engrais et avec une gestion environnementale exemplaire. Ces jeunes ont financé leur formation en travaillant durant plusieurs années avant de revenir au village pour développer un projet soutenu par notre ONG.
Nous accompagnons ces jeunes avec l’aide de la mairie de ZE qui a mis à leur disposition 5 hectares de terrains autrefois exploités par une société chinoise, mais partiellement délaissés depuis plusieurs années et sujets aux effets des crues saisonnières.
Nous mettons à leur disposition une autre parcelle non impactée par les crues pour permettre une culture « à contre saison »garantissant une production maraichère lors de la saison des pluies.
Nous les accompagnons financièrement pour l’achat des outils, semences et amendements des sols, pompe solaire et tuyaux d’arosage.
La croissance de la production et l’accompagnement d’ACM pour la vente des produits doit leur permettre de se doter d’un motoculteur et d’un véhicule utilitaire pour augmenter les surfaces plantées et permettre la vente des produits sur les marchés de COTONOU et ABOMEY à meilleur coût.
En contre partie, dés que les recettes dépasseront l’équilibre économique de l’activité, une partie du bénéfice sera utilisé pour maintenir l’aide à la scolarisation des enfants du village.
La continuité du projet repose sur notre capacité à générer suffisamment de recettes pour développer le modèle.
Le but est de mettre en place une stratégie pour qu’à partir de la deuxième année, l’organisation locale puisse être capable d’assumer la majorité de la charge du projet par des moyens locaux.
L’équipe de l’ONG qui vit ou vient régulièrement au village s’est interrogée sur « Comment se doter des moyens financiers pour poursuivre le projet ? ».
Les objectifs poursuivis par ACM, n’ont jamais été orientés sur l’assistanat, mais sur la création d’opportunités.
Ce projet doit donc être autant le nôtre que celui des familles et des enfants qui en bénéficieront. La solution est donc à trouver à l’échelle locale.
Par ailleurs, le partenariat mis en place avec la société LEVOJO (Bureau d’étude et de réalisation de valorisation des déchets au Bénin) a rappelé l’importance de la maîtrise des coûts de production y compris pour des petites exploitations agricoles et sur les opportunités associées à une bonne gestion des déchets, que ceux-ci soient issus des ménages ou des productions agricoles locales.
En combinant les deux approches, il est apparu que les conditions climatiques et hydriques locales permettent de mettre en place une structure partenariale de production agricole et d’élevage destinée à alimenter les marchés des grandes villes à proximité, avec des techniques d’agriculture raisonnée ou bio et un accompagnement pour le transport et la vente des produits au meilleur prix.
L’ONG ACM a mis en place, avec des jeunes agriculteurs du village, un projet de maraîchage qui consiste à planter, en fonction de la saison, des aliments indispensables pour la population béninoise et répondant à un marché économiquement attractif.
Avec une capacité de production permanente du fait de la situation des zones de culture, ce projet va permettre une production maraîchère, y compris en période de crue qui raréfie les denrées. Les revenus de la revente des récoltes seront partagés, chaque année, entre la coopérative et l’association pour l’achat des sources protéinées pour la cantine de l’école.
Cette action a pour objectif de :
Ce modèle mêlant agriculture et culture, ne peut pas trouver un équilibre garanti si les charges liées aux engrais et aux aliments des animaux sont trop élevées.
La valorisation des déchets agricoles permettra de réduire les besoins en engrais chimiques très coûteux et à renouveler tous les ans pour les remplacer par des fertilisants naturels.
Une partie des gains sera réinvestie pour d’autres activités agricoles qui pourront être achetés à meilleur prix pour la cantine.
Une autre part des gains servira à nettoyer le lac local, alimenté par le fleuve OUEME, pour permettre le développement de la pisciculture au profit des enfants de l’école en priorité.